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Qu' est ce que la pubalgie

LA PUBALGIE

Définition

« Syndrome pubien inguinal, du sportif, d’origine le plus souvent microtraumatique et en rapport avec une souffrance du canal inguinal. » J.-B. Courroy


La pubalgie est un syndrome douloureux se situant au niveau du pubis, pouvant englober plusieurs pathologies qui sont :

       la tendinite d’insertion des adducteurs

       la maladie d’insertion des grands droits

       l’ostéoarthropathie pubienne microtraumatique

       la pathologie du canal inguinal

Les tableaux cliniques peuvent se chevaucher. La véritable pubalgie est à la fois une combinaison d’un problème inguinal, d’une maladie des adducteurs et d’une ostéoarthropathie pubienne provoquée par la pratique du football dans le cadre d’une véritable technopathie. 

 

EXAMEN CLINIQUE

L’interrogatoire

On recherche les facteurs favorisant, les modifications du type d’entraînement, la variation du type de terrain, mauvaise préparation physique, problème de chaussures. On retiendra également l’origine de la douleur, au repos, à la course, lors de la toux, etc.

L’examen clinique

Dans la grande majorité des cas, la douleur est souvent unilatérale et ne peut irradier des deux côtés. On recherchera donc l’origine de cette douleur, afin de mieux préciser le diagnostic. Le maître-mot de l’examen clinique est le signe de Malgaigne. On observe une voussure de la région inguinale qui apparaît lorsque l’on demande au footballeur de gonfler son ventre. Les orifices inguinaux sont douloureux, ils semblent souples et élargis.

L’on recherche de la même façon une douleur à la palpation de la symphyse pubienne à l’insertion des adducteurs et au niveau des orifices inguinaux. Le médecin doit effectuer un testing musculaire des différents muscles concernés : ischio-jambiers, adducteurs, psoas, rotateur de hanche, grand droit, etc.

La plainte exprimée par le footballeur permettra d’orienter le diagnostic. On s’aide dans cette avancée du diagnostic par un testing contrarié de l’ensemble des muscles concernés de façon à étudier la bilatéralité de la plainte.

L’examen de la statique au fil à plomb sur podoscope est nécessaire. On recherchera un conflit rachidien.

LES EXAMENS COMPLÉMENTAIRES

Radiographies

Il s’agit essentiellement de la radiographie du bassin de face debout pieds nus, et en appui monopodal. On recherche effectivement une instabilité symphysaire. On peut compléter l’examen par une recherche d’un dérangement intervertébral, avec la réalisation d’un rachis lombo-sacré de face et de profil.

Les images confirmant la pubalgie seront des images typiques que l’on retrouve dans le cadre de la tendinite des adducteurs, avec irrégularité floue microgéode du rebord inférieur du pubis. Traditionnellement, ces images radiographiques ont été classées en 4 stades évolutifs :

I = simple encoche et réaction sans grande modification osseuse à IV = synostose pubienne ou décalcification sur le trajet des adducteurs.

Imagerie

On s’aidera des éléments complémentaires en imagerie : scanner, IRM, scintigraphieosseuse et échographie tendino-musculaire.

Biologie

Recherche de principe d’un dysmétabolisme.

Le traitement médical et de rééducation dépend des données du bilan réalisé en vue de la prescription de la rééducation. L’enquête étiopathogénique minutieuse recherche, outre les signes d’atteinte du carrefour pubien, les facteurs associés qui peuvent être en cause dans la symptomatologie douloureuse.

Le repos sportif prolongé, 6 semaines minimum, est indispensable. L’utilisation d’anti-inflammatoires per os, non stéroïdiens dans les formes basses voire stéroïdiens dans les formes hautes est nécessaire.

La rééducation se décompose en 3 stades :

1.   traitement symptomatique des phénomènes douloureux,

2.   traitement des facteurs favorisants,

3.   reprogrammation neuro-sensori-motrice, suivis de la réinsertion sportive.

Cette prise en charge précoce, et au mieux préventive, des sportifs à risque permet de limiter les indications du traitement chirurgical aux pubalgies rebelles au traitement conservateur bien conduit au moins 3 mois, plus particulièrement indiqué devant l’existence d’une pathologie rachidienne (spondylolyse) ou l’existence d’une hernie inguinale ou crurale.

 

Souvent considérée comme une maladie « fourre-tout », cette maladie a été décrite par deux médecins s’occupant particulièrement de la médecine du footballeur, le Docteur Alain Durey et le Docteur André Boeda.

 

Grâce à eux, non seulement il a été plus facile de diagnostiquer, de traiter précocement cette pathologie, mais de la prévenir en modifiant profondément la préparation physique généralisée des jeunes footballeurs.